C'est parti…

Récits de voyage > journal de voyage
Argentine - Akademik Shokalsdkiy
de nadouchka, le 28-01-2006

C'est parti…

Antartica


28 janvier, Akademik Shokalskiy


Evidemment avec un nom pareil, c’est plus qu’excitant !

Stupeur quand nous voyons le bateau pour la première fois : il est minuscule en comparaison de tous ceux qui sont dans le port ! Tout juste une grosse barcasse, à peine plus épaisse qu’un pointu de Marseille ! Il est vieux aussi, ou du moins le paraît, puisqu’il bat pavillon russe. Il est immatriculé (on dit comme ça pour un bateau ?) à Vladivostok. J’ai bien peur qu’on ait besoin de ramer et de casser la glace à la main, mais bon !

Je suis dans un grand état d’excitation que je n’ai finalement pas connu souvent durant ce voyage, m’habituant peu à peu aux changements de lieux les plus exotiques, ayant sans doute déjà malgré moi, un peu banalisé les rêves qui étaient les miens à l’évocation des noms de terres lointaines. Je la retrouve là, cette exaltation que j’adore, entière !

La journée a été longue avec le groupe avant que nous n’embarquions. Re-visite du parc national de la Terre de feu que j’avais vu seule la veille, et sous une pluie battante aujourd’hui, cela en bus et j’ai horreur des bus. Nous ne sommes que 44 passagers. C’est une excellente chose, surtout quand on sait que les autres expéditions se font à plusieurs centaines de personnes. Des gens de toutes les nationalités encore, avec une dominante d’hollandais, mais des bien élevés cette fois, semble t-il. Ces gens là adorent la mer, on le sait. Mais aussi des suédois, des australiens, des anglais, des américains (pas majoritaires, ouf !), des autrichiens, allemands, un chinois de Honk Kong, enfin tout ce qui sur notre planète vit en moyenne très au dessus du seuil de pauvreté. Le voyage coûte presque le prix d’une voiture ! (enfin, d’une Twingo, ayant roulé déjà pendant 5 ans !)


Ce sont des gens beaucoup plus jeunes que sur le Mare Australis, et tout de suite beaucoup plus sympas. Moyenne d’âge 35-40 ans. On les sent tous très passionnés par ce qu’ils vont faire et l’atmosphère est immédiatement à l’échange et à la communication. Il ne sera pas très difficile de se connaître en 10 jours. L’intérieur du bateau est très intime et la plupart des gens partagent à plusieurs des cabines assez simples, sans sanitaires privés.

Je suis avec deux nanas, une anglaise peut-être plus âgée que moi et une australienne plus jeune. Nous avons partagé hier notre chambre d’hôtel également. L’anglaise ronfle un peu et les boules Quiès sont obligatoires ! Nous nous installons dans notre cabine de bois, sans cuivres ni dorures, petite mais bien conçue, avec des espaces suffisants pour ranger nos affaires. J’occupe une couchette isolée qui ne fait pas partie d’un lit superposé. Veinarde !

Notre plus mauvais moment est prévu dans quelques heures seulement, une fois que sortis du canal Beagle, nous trouverons la pleine mer à la hauteur du passage de Drake. Evidemment sur un si petit bateau il faut s’attendre à ce que cela bouge beaucoup. Mais je me souviens avoir choisi celui là volontairement, comme la majorité des gens qui sont ici, parce que l’atmosphère y était décrite comme beaucoup plus décontractée. Décontractée, je veux bien, mais sans doute aussi plus gerbeuse !

Une documentation très fournie nous a été donnée. Un ornithologue, un spécialiste de la biologie marine et des professionnels de la plongée qui vont conduire les zodiacs, nous accompagnent. Il y a aussi un médecin à bord, qu’on se rassure. Mais bien sûr, j’ai du mentir sur mon état de santé, comme je mens sur tous les questionnaires qui me sont adressés, pour qu’on me foute la paix, qu’on ne me taxe pas de surtaxes d’assurances. Seule m’importe la bénédiction de mon Dany préféré, j’entends par là mon cardio. A ma demande d’autorisation écrite il m’a simplement fait promettre de ne pas tomber dans l’eau glacée qui me serait fatale ! Je promets Dany que je vais regarder où je mets les pieds, deux fois plutôt qu’une !

On nous a fourni également tout un équipement professionnel ! Une énorme parka imperméable, fourré de laine polaire, et des bottes en caoutchouc. Rien ne me va. Je dois me voir plus grosse que je ne suis car tout est trop grand dans les tailles que j’ai commandées. Il faut dire qu’ici ce n’est pas la norme Agnès b. A l’échelle internationale, nous femmes françaises, sommes vraiment des petites poupées, quand nous nous comparons aux américaines, aux australiennes et consoeurs ! Je suis toujours la plus petite quel que soit le groupe auquel j’appartiens, avec mes 155 cm, allez 156, vais-je jusqu’à dire parfois, si je me tiens bien droite.

Nous effectuons une simulation très sérieuse d’alerte, avec vraies sirènes, vrais gilets, et embarcation dans les canots de sauvetage. Impressionnant ! Je retiens que le mien est deux étages au dessus de ma cabine, et sur le côté gauche qu’on doit appeler, je crois, bâbord. Dans le canot équipement de survie, nourriture, liquides de réhydratation, bref, tout un tintouin dont on espère vraiment ne jamais avoir à se servir.

Cocktail de bienvenue au champagne avec le commandant russe pour nous remettre de nos émotions. Puis dîner fort bon à des tables de 8. Echanges intéressants sur la communauté européenne avec mes voisins dutch et british qui ont les moyens, eux, de s’offrir du Sancerre, pendant que je sirote un abominable Sauvignon argentin ! Apparemment des gens d’un certain niveau. Au fur et à mesure que nous progressons la mer devient plus forte, le vent incroyablement violent. On peut à peine respirer sur les ponts extérieurs et le rugissement est terrible ! Les dernières lueurs du jour, barrées par endroits de gros nuages de pluie, sont splendides sur les berges du canal Beagle. Au loin, toujours, des glaciers éclairés par les lueurs de plus en plus faibles du soleil couchant.

Je me couche avec ma serviette de toilette à proximité, car on ne sait jamais. Pour l’instant, encore une fois, tout va bien !


retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
18/03/2006 : Epilogue
13/03/2006 : Dernier jour à Rio
14/03/2006 : FIN
12/03/2006 : Dernier dimanche ailleurs.
11/03/2006 : Un jour pour moi
10/03/2006 : Journée carioca, gauche caviar aujourd’hui !
09/03/2006 : Rio c'est bien comme l'a dit (Da)rio Moreno
08/03/2006 : C'est moi la femme de Rio
07/03/2006 : Dernier texte argentin
06/03/2006 : Où suis-je ?
05/03/2006 : C'est la chute finale…
04/03/2006 : dernière étape argentine
03/03/2006 : carnaval
02/03/2006 : J'ai la haine
01/03/2006 : Passage d'un col


Autres liens :

Tags
C'est parti… - Akademik Shokalsdkiy - Argentine -