Argentine
14 février, El Calafate
De retour à El Calafate, comme après les RTT on est de retour au boulot. Re 4 heures de bus, moins belles dans ce sens que dans l’autre, et dans une chaleur pas possible.
J’aurais vu la Patagonie sous la canicule, et la Polynésie sous un déluge de pluie. Original !
De retour donc dans l’auberge sans portes. Pourquoi là me dira t-on ? Parce que j’y ai laissé mes affaires. Parce qu’en cette saison tout est plein partout. Parce que je n’ai pas le courage de transporter mes sacs ailleurs. Parce que c’est le seul type d’endroit que mes finances me permettent. Parce que finalement, là ou ailleurs, aujourd’hui je m’en fous.
Ce qui est plus ennuyeux c’est que je ne pars pas pour Buenos Aires demain comme je le pensais, mais dans trois jours, si j’en crois mes billets d’avion, que je n’ai daigné consulter que ce soir. Je suis incorrigible dans la négligence pour tout ce qui concerne l’anticipation. Je vis absolument au jour le jour et suis incapable de me projeter 24 heures plus loin. Je suis donc prise au piège ici, à El Calafate, dont j’ai pourtant déjà bien fait le tour.
J’accepte la situation avec fatalisme, car ma baisse de pêche se poursuit, et aujourd’hui pour la première fois j’ai songé à avancer davantage mon retour. Non que j’ai hâte de rentrer chez moi, loin de là, mais je ressens une lassitude qui ne me ressemble pas. Comme si mes yeux en avaient trop vu, comme si mes pieds avaient trop marché, comme si plus grand-chose n’avait vraiment d’intérêt, et surtout l’intérêt qu’on se bouge le cul comme il faut que je le fasse pour poursuivre.
J’ai toujours su qu’après l’Antarctique ce serait difficile. Que vouloir d’autre quand on sort de là ? C’était le but ultime et l’apothéose de ce voyage. Je n’ai qu’une envie, c’est d’y retourner, mais pas demain la veille que mes finances me permettront à nouveau une telle aventure !
Je vais laisser cette idée de rentrer un peu plus tôt mûrir un peu pendant quelques jours avant de prendre une décision. De toutes façons, avant Buenos Aires, il ne m’est pas possible de modifier mes résa.
Je n’ai plus grand-chose à lire pour patienter ces quelques jours. Un bouquin de Mishima dans lequel je n’ose me lancer car il a l’air chiant. Une stupidité de Salinger, L’Attrape Cœur, que je crois avoir déjà lue, et La Trêve de Primo Lévi que j’ai lue plusieurs fois. Ce sont les reliquats de mes achats littéraires à Papeete, et je n’ai aucun espoir de trouver autre chose ici.
J’espère à Buenos Aires trouver des films français comme ce fut le cas à Santiago. J’ai très envie de ciné, de ville, de vêtements d’été, de maquillage, et de ballerines.
Envie de quoi d’autre ? Rien que je ne puisse dire ici, du moins décemment !
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