départ pour les blue mountains

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Australie - Blue mountains
de nadouchka, le 09-09-2005

départ pour les blue mountains

Australie

9 septembre, départ pour les blue mountains

Je n’ai toujours pas rattrapé le décalage, et passe une bonne partie de la nuit réveillée. Venant de finir le bouquin de J.M. Coetzee, Disgrâce, livre terrible sur l’Afrique du sud, empreint d’un désespoir rarement égalé, je commence à broyer du noir, ce qui, dans l’obscurité d’un dortoir où l’on ne peut pas bouger sans risquer de réveiller tout le monde, n’est pas facile à combattre. Les cinq petites jeunes filles qui sont mes voisines dorment d’un sommeil paisible et enfantin. De temps en temps l’une d’elles murmure quelque chose dans son sommeil, et j’aurais bien, si je me laissais aller, des attitudes de tendresse maternelle ! Un de ces câlins de fille à sa mère, que j’ai connus il y trop longtemps.

J’ai eu des nouvelles de mes petits enfants, par mon gendre, probablement, la lettre n’étant pas signée. J’essaie de ne pas penser à Nina, dont j’imagine le corps tout bronzé après ces mois de vacances au Maroc, les cheveux noirs et brillants qui doivent maintenant être longs, son départ à l’école lundi matin. Petite poupée, tu es loin. Te souviendras tu encore de moi ?

Toujours pas de nouvelle ce matin de la location de l’appartement. Nous sommes déjà presque 10 jours après le départ de l’ambassadeur et mon angoisse monte. Je ne crois pas pouvoir tenir ainsi encore 8 mois s’il ne se reloue pas. Je n’aurais pas la force de faire pendant très longtemps les sacrifices qui s’imposeront alors.

Je récupère la nouvelle voiture ce matin, une Toyota Corolla, en tous points identiques à la précédente, si ce n’est qu’elle a déjà 150000 km. J’ai beaucoup de plaisir à y ranger mes affaires aux mêmes places que je le faisais en Afrique, retrouvant ainsi une sorte de chez moi minimum. Mes lunettes de soleil dans la boite de rangement, mes papiers dans la boite à gants, mon sac dans le coffre, et une tablette de chocolat sur le siège passager pour me remonter le moral !

C’est une voiture automatique que l’on ne conduit qu’avec un pied ! Ma main gauche erre dans le vide constamment pour prendre le levier de vitesse, tandis que mon pied gauche se soulève et cherche la pédale d’embrayage. Je n’avais jamais conduit une voiture sans vitesses et il me faudra encore un certain temps d’adaptation.

Je me perds très largement dans les innombrables autoroutes pour gagner celle qui me conduirait dans les Blue Mountains où je vais passer la soirée. Errance dans des banlieues qui me ramènent sur la bonne voie mais à contre sens, sur des bretelles dont je ne comprends pas la direction, sur des embranchements qui ne portent que des numéros, bien sûr absents des indications de mes nombreuses cartes. Je finis par m’en sortir péniblement au bout d’une bonne heure d’erreurs. Ca y est, je suis sur la route des Blue Mountains !

J’arrive à Katoomba et je suis déçue. Certes, le panorama sur les montagnes est superbe, mais l’endroit est très touristique et ce n’est pas encore là que je vais me trouver en pleine nature. Reliée à Sydney par une autoroute, c’est une sorte de ville de week-end pour citadins, et les points de vue sur la montagne sont super aménagés, avec petits sentiers goudronnés et indications de mini promenades pour citadins en mal de marche à pied. Une autoroute tranche les montagnes d’eucalyptus au pied desquels poussent des fougères grandes comme des arbres. C’est beau mais cela ne me satisfait pas. J’ai la nostalgie du désert du Namib, de ses immensités désolées et roses dans lesquelles les chansons de Cabrel me portaient.

Poursuivant plus loin, je dois m’arrêter dans une bourgade sans charme, la nuit approchant. L’autoroute continue. Pour le prix que je peux mettre, je trouve une chambre minable dans un hôtel bruyant situé au dessus d’un pub, et m’endors à 19 heures. Il est maintenant minuit, et après cette bonne sieste incongrue, j’ai l’agréable surprise de trouver une connexion sans fil qui me permet de m’épancher dans les bras virtuels de Marie, pour confier mes états d’âme !

Je ne souhaite pas rester dans ce coin. Je pars demain, pour je ne sais où. Il me faut retrouver du punch absolument et vite.

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