Ce journal a failli prendre fin, peut-être définitivement, peut-être pour un moment.
Il y a presque six mois que je raconte ce rien qui se déroule chaque jour. Je n’en ai plus trop ni l’envie ni la force maintenant. Cela me paraît trop vain. Jim a raison. C’est ce rien qui fait l’intérêt du récit, mais au xème degré et pour celui qui le lit seulement. J’éprouve le sentiment d’avoir tout dit des paysages, des gens, des pays, de ne plus avoir un intérêt suffisant pour relater ce que je vis en ce moment. Peut-être aurais je envie plus tard de parler des glaces de l’Antarctique ou des grands vents de Patagonie. C’est probable.
L’écriture doit se poursuivre de toutes façons sous une autre forme, qui me laisse plus libre de parler de ce qui s’est amorcé ou accompli, semble t-il, une sorte de voyage intérieur. La voilà devenue mystique ou quoi ? Non, non ! Pas de danger ! C’est un grand remue ménage, à coups de larmes et de rires, d’insomnies et de léthargies successives, de souvenirs et de rêves. Un de ces ménages, mes copines le savent, dont on sort en général épuisée mais satisfaite.
L’écriture m’est devenue vitale et c’est un outil qui demande de l’intimité et du travail, ce qu’un site comme celui là ne permet évidemment pas. L’écriture ici est bien trop spontanée et je me suis rendue compte à quel point je n’étais pas en train de m’adresser qu’au seul cercle fermé de mes amis.
Je ne sais plus très bien sous quelle forme je dois donc écrire aujourd’hui. Je suis en train de réaliser des essais. Faut voir !
Le voyage continue tout de même. Pour le moment je dirais un peu par défaut.