Arrivée au Botswana

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Botswana - Chobe National Park
de nadouchka, le 12-07-2005

Arrivée au Botswana

Botswana

12 juillet, Chobe National Park

Nous avons quitté ce pauvre Zimbabwe ce matin, après un arrêt dans un super marché où j’ai cherché à acheter du shampoing. Les rayons sont absolument vides, comme dans les pays de l’Est il y a 20 ans. Le seul shampoing proposé est un vieux flacon en plastique poussiéreux, en exemplaire unique et écrit en russe ! Je renonce à me laver les cheveux ce soir !

Nous franchissons très vite la frontière du Botswana, et l’on comprend que l’on vient de quitter une certaine Afrique. Un grand panneau " Ici tolérance zéro à la corruption " accueille le visiteur, ainsi qu’un distributeur de préservatifs gratuits dans l’officine d’immigration, et une barrière sanitaire qui oblige chacun à s’essuyer les pieds sur un tapis imprégné de DTT. Cette barrière représente 5000 km de barbelés destinés à éviter la contamination du bétail par la fièvre aphteuse qui fait des ravages parmi les animaux sauvages. Ces derniers sont donc empêchés de se rendre où bon leur semble, et de nombreux spécimens de la faune sont venus y mourir, ne pouvant effectuer leurs habituelles migrations. A vous donc de choisir la victime que vous plaignez le plus, le pauvre buffle électrocuté sur un barbelé ou le fermier botswanais qui perd tout son cheptel de maladie.

Le Botswana n’a pas du tout la même histoire que les pays d’Afrique australe que nous avons traversés jusqu’à présent. C’est une république démocratique parfaitement stable et économiquement assez développée, qui n’a connu ni véritable colonialisme d’état (seulement un protectorat anglais), ni guerre de libération, ni famine, ni dictature, ni conflits tribaux. L’influence sud africaine est importante ici, les Boers ayant tenté une domination du pays à partir du milieu du 19ème siècle. L’indépendance complète du pays vis-à-vis de la Grande Bretagne et l’instauration d’une république multipartite date de 1966. L’Etat a su composer avec les grands chefs tribaux pour maintenir une véritable unité nationale, à travers un système intelligent de terres communautaires lui appartenant, mais administrées par les tribus. Mais il ne faut tout de même pas rêver et savoir qu’une bonne partie de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté et que l’espérance de vie n’excède pas 41 ans. Tout est donc relatif.

La capitale de ce pays grand comme la France, mais qui ne comporte que 1,6 millions d’habitants est ??

Gaborone ! Bravo à ceux qui ont bien répondu ! La principale richesse du pays est constituée de mines de diamants, recelant les gemmes les plus purs du monde, que les anglais, ces sots, n’avaient pas découvertes quand ils ont cédé leur protectorat. Le diamant représente 70% des exportations. On y trouve aussi de nombreux minéraux : or, cuivre, nickel, charbon, soude et sel. Le Botswana est considéré aujourd’hui comme le champion africain de la croissance, avec une monnaie solide, au nom bien connu des scrabbleurs : le pula (anagramme de palu).

Un des plus grands deltas intérieurs du monde, le delta de l’Okovango, occupe la partie nord. Il s’agit de terres totalement inondées. 80% de la surface totale du pays est désertique (3 habitants au km2 !) : c’est le désert du Kalahari, et je sens bien qu’à ce point du récit, mes lecteurs commencent à me voir venir !

Dès la frontière franchie, nous sommes ici dans un autre monde : voitures individuelles bien entretenues, grands champs d’agriculture intensive, bonnes routes, tracteurs, signalisation routière, réseau téléphonique Orange, maisonnettes de briques dotées de fenêtres et de rideaux, abribus, vêtements occidentaux, sont autant de signes que nous venons de quitter l’Afrique misérable du Zimbabwe et de ses voisins, malawites et zambiens.

Nous parvenons en début de soirée dans un lodge luxueux dont seule la partie camping, totalement excentrée de toutes les belles infrastructures, nous est réservée. Il en coûte 160$ par nuit pour disposer d’une chambre. Les emplacements où nos tentes sont autorisées sont en sol dur et très étroits, si bien que nos tentes se touchent les unes les autres. Il faudra y patienter deux nuits.

Un Martini au soleil couchant qui embrase toute la rivière Chobe avant de se cacher à l’horizon, me console de mon inconfort.

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