Botswana
15 juillet
Me voilà enfin seule ! La journée sera consacrée à mon organisation pour le reste du voyage, la ville de Maun étant parfaitement équipée du point de vue touristique.
Je ne dispose que d’un guide sommaire, d’une édition que je n’aime pas trop, mais en français : le Petit Futé. Mais dès le début de mes recherches il s’avère que beaucoup de choses ont déjà changé depuis cette édition, et que les informations données ne sont pas très fiables. S’ajoute à cette difficulté, le fait que je suis seule, et ne peux donc prétendre organiser mon propre safari avec une agence de voyage. Cela serait hors de prix. Je devrais donc attendre qu’un hypothétique groupe veuille bien m’admettre avec lui, et rien n’est immédiatement possible pour le Kalahari du moins.
Le tourisme dans ce delta de l’Okovango est un tourisme très élitiste dans des lodges luxueux que l’on atteint en avion, l’alternative possible étant de partir en pirogue dans la partie la plus proche et la moins intéressante du delta, avec sa tente et sa nourriture. Je ne me sens pas le courage de repartir tout de suite dans des expériences de ce genre. Au diable donc l’avarice, je décide de m’offrir deux jours de cette expérience luxueuse : voyage en avion jusqu’au cœur du delta, puis deux nuits dans un de ces lodges, repas, balades en bateau et boissons compris. Je me rends vite compte que j’ai troqué mon inconfort et ma dépendance contre une vie qui va me revenir très cher.
J’ai loué une voiture à partir de lundi, pour gagner l’ouest du Botswana et la Namibie, me rendant compte qu’il n’existe finalement aucune des liaisons routières promises par le guide, ni bus ni train. Il faudrait changer de bus plusieurs fois, passer la frontière à pied, ou faire du stop. Je renonce là encore à tenter ce genre d’aventures. Je suis fatiguée et j’ai besoin de confort. La voiture, une Toyota petit modèle ne coûte que 30 euros par jour, toutes assurances comprises, mais il faut payer une fortune pour la rapatrier d’Afrique du Sud au Botswana. Je tourne, je vire, comme on dit chez moi, mais ne trouve pas de solution alternative raisonnablement confortable. J’ai laissé à bord du camion une partie de mes affaires, plus de la moitié du poids initial, mais mon sac est encore lourd. La voiture c’est la possibilité d’avoir tout sous la main dans le coffre, la liberté de m’arrêter quand bon me semble, de partir lorsque j’en ai envie, voire de dormir à bord en cas d’hébergement impossible.
J’écris de ce bel hôtel anglais, au bord de la piscine. Un peu inquiète au plan financier donc, mais tellement libre enfin ! L’expérience de Dragoman n’aura pas été vraiment négative, mais ne me laissera pas non plus un souvenir impérissable. L’atmosphère y était morose, la vie à bord très routinière, le rythme beaucoup plus soutenu que ce qui me convient. Je ne regretterai rien sans non plus regretter de l’avoir faite. Je n’aurais pas pu effectuer un tel parcours toute seule, et je m’en rends d’autant mieux compte qu’ici au Botswana, pays beaucoup plus équipé au plan touristique, je suis encore très limitée par le peu de possibilités qu’offre l’Afrique au point de vue transports et hébergement. Le meilleur niveau de développement des pays où je vais désormais me rendre me rendra les choses plus faciles, sachant que par ailleurs il faudra que j’accepte de mettre le prix.
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