Belle journée hyper touristique, mais franchement la ville est si belle qu’on est subjugués.
Visite du pain de sucre, Pan al azucar, gros rocher au milieu de la baie, auquel on accède par un télécabine. De là haut, (oui, oui, la chanson a raison, il faut monter là haut !), on domine tout Rio et on comprend mieuxles choses. Elle est bâtie sur un site d’origine volcanique grandiose, fait de dizaines de montagnes ou de collines couvertes de forêts splendides, dont les bases sont constituées de roches granitiques très lisses. Le pain de sucre est un de ces rochers.
On découvre le nombre incroyable de baies et de plages qui bordent la ville, la modernité des buildings construits en zones basses, les différents quartiers aux architectures complètement différentes, et son étendue. Rio abrite intra muros 8 millions de brésiliens et 15 si l’on inclue la banlieue.
Il y a là tout ce que j’aime. La rencontre surréaliste entre la mer et le béton, l’hideuse architecture des HLM de béton qui se dressent vers un ciel bleu, la fin de la ville toujours visible partout puisqu’elle est adossée à des montagnes inconstructibles, les constructions sur des pentes vertigineuses ou sur des rochers, un port, de vraies plages longues et spacieuses que lèchent les vagues de l’océan. Sur les montagnes dégoulinent littéralement les favelas, sortes de petits villages construits sur des pentes abruptes et nécessairement précaires, qui essaient de suivre les petites dépressions qui séparent un relief d’un autre comme pour mieux s’ancrer. Là, il n’existe plus ni rues, ni route, ni bus, ni rien. Des centaines d’escaliers grimpent à l’assaut de ces sommets couverts de baraques. Il faut absolument que j’aille y faire un tour malgré leur réputation de danger.
Je reste longtemps à admirer Rio plongée dans une chaleur toujours identique et baignée d’un soleil de plomb. Des condors volent tout autour du pain de sucre, en faisant planer leurs ailes dentelées gigantesques. C’est un régal.
Lunch en groupe où je ne tombe pas trop mal, puisqu’à côté d’un new-yorkais d’origine indienne qui travaille pour les Nations Unies. C’est un démocrate, et nous parlons politique internationale. Bonne pioche pour une fois ! Et puis, à signaler tout de même, que je mange mon premier morceau de poisson depuis Ushuaia, c'est-à-dire plus d’un mois !
L’après midi un minibus nous conduit jusqu’au Christ rédempteur qui domine toute la baie. Affreuse chose géante construite par un sculpteur français, qui ne devrait pas s’en vanter, et qui de plus était aujourd’hui dans les nuages, ce qui pour Dieu est finalement sa place. Mais là encore, le site est superbe : un parc national tropical de toute beauté, dont la cime des arbres laisse apparaître des fleurs multicolores. Je préfère l’œuvre de Dieu à Dieu lui-même, c’est évident !
La cathédrale moderne enfin, conçue par un architecte brésilien disciple de Niemeyer (orthographe ?). C’est une pyramide de béton tronquée à son sommet, et assez moche vue de l’extérieur. Mais l’intérieur est vraiment émouvant. Le plafond de verre laisse entrer la lumière du soleil, qui éclaire également d’immenses panneaux de vitraux latéraux aux couleurs changeantes au fur et à mesure de sa course. Aucune bondieuserie hideuse. Rien qu’un espace en cercle très pur. Le béton est constitué de petites niches qui toutes s’ouvrent comme des fenêtres. Les 3 portes d’accès sont larges et toutes béantes elles aussi, laissant apparaître l’incroyable clarté des rues. A l’intérieur, on ne se ressent ni dedans ni dehors. C’est très beau.
Même pas énervée ce soir finalement, bien que j’aurais parfaitement pu faire ce trip toute seule, et que j’ai payé pour cela une fortune, mon hôtel prenant une commission de 60% sur le prix vendu par les agences de voyage ! Je m’en rends compte après coup. Bien fait pour toi, c……. !
J’ai rencontré ce soir Ramiro, mon bienfaiteur, le propriétaire de ce bel hôtel qui m’héberge gratuitement. Très sympa. Je l’accueillerai à Paris en octobre où il vient en voyage de noces.
A J-6 du vol de retour, ça ne va pas trop mal. La veille de mon départ je m’offre une journée dans les îles avoisinantes pour ramasser le plus de soleil possible avant la grisaille de Paris. CNN a développe deux titres sur la France ce soir : un prof qui droguait ses élèves de tennis au Témesta, (je ne savais pas que ça augmentait les performances sportives !), et un autre que ses élèves ont pris en otage, si j’ai bien compris. J’ai beaucoup ri ! L’un compense l’autre, non ? Les élèves et leurs profs sont donc quitte, et c’est reparti pour un nouveau trimestre !
La faim au Kenya me touche beaucoup et me donne envie d’y retourner avec une ONG. Putain, quand on pense qu’un litre d’eau par citoyen en Europe suffirait à sauver tant de vies ! Savourons les nos Evian, Volvic, Vittel et Contrexéville. C’est pas pour pisser plus ni pour éliminer, qu’ils en ont besoin eux ! Les toxines, ils n’en ont rien à foutre ! Le surpoids non plus. Nous devrions changer nos eaux finalement, ça arrangerait tout le monde ! Un peu d’eau boueuse du Sahel, une bonne crise de malaria, et le tour est joué pour perdre 20 kilos ! Eux, alors, se régalerait dans des bains frais, avec leurs vaches et leurs chameaux, et tout le monde serait content !
Demain au programme hair cut, car je n’ai pas la patience d’attendre d’être à Paris. Puis, pour l’après midi, j’ai fini par trouver un tour dans les favelas.
Commentaires sur cet article Michel Ah ! le Brésil ! C'est un pays très attachant et tellement magnifique !
Si vous voulez voir mes photos sur Salvador de Bahia, Morro de São Paulo, Ouro Preto, Mariana, Paraty , Ilha Grande et bien sûr Rio, rendez-vous sur mon blog :
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Merci