11 mai, route vers le mont Kenya
Le mont Kenya, 5199 mètres, l’une des plus hautes montagnes d’Afrique avec le Kilimanjaro, dont nous verrons prochainement poindre à l’horizon les si fameuses neiges éternelles, que chante je ne sais plus trop bien quel chanteur français gueulard et un peu bête.
Personne dans le groupe n’a choisi d’en faire l’ascension, moi qui espérais rester seule pendant quelques jours, c’est raté.
Sur la route nous nous arrêtons sur un petit marché de fruits et légumes pour qu’Andy fasse les achats. On assiste alors à un véritable pugilat entre les femmes qui vendent leurs marchandises, chacune assaillant le pauvre homme, le tirant par les manches, lui hurlant en swahili de venir acheter chez elles. Il sort totalement épuisé de l’épreuve que j’observe avec beaucoup d’amusement. Pendant ce temps les femmes me regardent, me touchent les bras et les cheveux, plaisantent, sans doute à mon sujet. On a l’impression que nous sommes les premiers blancs à nous arrêter là. L’une me dit en anglais que ma peau blanche est très belle et que mes bras sont fins. Elles sont très belles aussi avec leurs dents éclatantes et leurs yeux rieurs. Les questions traditionnelles fusent : quel age ? est-ce que je suis mariée ? Est-ce que je suis la mère de toutes les filles du groupe ? combien ai-je d’enfants ? Un seul ! oh la pauvre ! L’apitoiement fait place à un visage réjoui quand j’annonce mes deux petits enfants. Oui, alors je suis bien une femme comme elle ! Pourtant ici on ne croise que des gens jeunes. Et les grand-mères de mon âge sont bien rares, et à mon avis déjà trisaïeules ! Je crois l’avoir déjà dit, mais " dans le doute ne t’abstiens pas " étant mon proverbe préféré, au risque de me répéter ici on meurt à 45 ans.
Nous avons roulé toute la journée pour atterrir dans le village de Blanche Neige, un village tout en bois, fait de plusieurs petites maisons aux toits penchés et en rondins. Nous avons du pour y accéder franchir un tout petit pont de bois qui paraissait ne pas devoir supporter le poids du camion. C’est très vert, très calme. Des arums sauvages poussent au bord de la rivière dont le clapotis est omni présent. Un magnifique paon nous accueille en faisant la roue. Partout courent des animaux de ferme : oies, poules, dindons et tout un bataillon d’autres bêtes de basse cour que nous connaissons chez nous, mais qui ici gardent tout de leur pittoresque. On se prend à attendre les 7 petits nains, dont je rappelle les noms : Prof, Grincheux, Joyeux, Simplet, Timide, Dormeur, et Atchoum. Leur venue en ce monde est moins improbable que celle du Prince Charmant, bien entendu !
Soirée au coin d’un feu de bois dans les fauteuils de velours rouge d’un beau salon, mi chalet mi salle de réception aménagée par la propriétaire indienne. La nuit a été froide malgré les lits et les couvertures. Figurez vous que sous les rondins il n’y a rien. On dort donc comme à ciel ouvert. J’avais laissé mon duvet dans le camion, bien sûr ! Même pas grave !
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