En route pour la suite...

Récits de voyage > journal de voyage
Kenya - Nairobi
de nadouchka, le 06-06-2005

En route pour la suite...

6 juin, nouveau départ

Le temps est resté gris tout au long de mon séjour à Nairobi. Pour le principe je me suis baignée dans la piscine, mais sans plaisir. Le ciel est couvert et l’atmosphère humide comme un jour d’automne. Il faut attendre une brève éclaircie qui ramène parfois le soleil pour se souvenir que l’on est
bien en Afrique.

J’ai beaucoup travaillé pendant ces quelques jours à la mise à jour de mes différentes chroniques, et au tri mes photos pour choisir les plus pertinentes pour les enfants. Peine perdue, le lendemain de leur envoi la boite de réception affiche l’échec de la transmission. J’ai pu parler sur MSN avec Linda, Charlotte et Corinne, consulter tous les mails que vous avez adressés, ainsi que les gentils petits mots sur le livre d’or du site. Merci mille fois de suivre mes aventures avec autant d’intérêt. Je me sens ainsi beaucoup moins seule et cela stimule mon envie d’écrire. Ce voyage n’a jamais eu pour but de m’éloigner de quiconque. Au contraire, je crois à ces rapprochements que permettent la distance, et l’écriture. Je sais que certains me lisent sans m’adresser le moindre mot. Je les attends, non pas au tournant, mais dans le cours de la vie qui se poursuivra. Quand à ceux qui ne me lisent pas, ils ne seront pas invités à la grande fête que je prévois déjà pour mon retour !

Je me sens reposée, relax et surtout très propre, ce lundi matin où nous avons rendez vous avec le nouveau groupe.

A première vue, c’est un groupe un peu plus équilibré que le précédent. Nous rejoignent trois couples, 4 garçons seuls, 6 filles seules, la cuisinière, le copain d’Anna qui sera notre nouveau leader, et une mystérieuse personne dont on ignore pour l’instant le sexe et qui nous retrouver à Zanzibar. Nous
serons donc 23.

Toutes les nationalités anglophones sont présentes : canadiens, américains, british, irlandais, australiens, kenyans, auxquelles il faut ajouter un couple de suisses allemands et moi, la française.

Les âges s’étalent de 18 à 60 ans. Je ne suis plus la plus vieille. Deux couples dans lesquels les hommes sont plus âgés que moi : le couple d’américains et le couple d’australiens.

Nous resterons encore au Kenya pendant 6 jours avant d’atteindre la Tanzanie, puis le Malawi, la Zambie et la frontière du Zimbabwe qui marque la fin de ce deuxième tronçon à Victoria Falls, le 10 juillet.

J’ai peine à croire que sont déjà passées 5 semaines. Le truck arrive à l’hôtel, tout propre, tout blanc. Effacées toutes les traces du voyage précédent. Il aura fallu deux jours complets de travail à Anna et Lisa pour effectuer la maintenance et le nettoyage. Alors que tous les passagers rutilent de propreté, elles ont encore les ongles encrassés de cambouis.

Les gens ont l’air souriants, un peu timides parfois, mais toujours contents d’être là. Ils se présentent à l’anglo-saxonne, avec cette façon élégante de serrer la main en vous regardant droit dans les yeux, et en annonçant leur prénom. " Nice to meet you ! ".

Je sens tout de suite que ce grand groupe me sera plus facile que le précédent. Il y aura nécessairement moins de travail et j’en ai un peu marre d’être impliquée trois fois par jour par chacun des repas. Il faut sortir toutes les caisses du camion, préparer les légumes, faire la vaisselle, la sécher en la secouant, puis tout ranger à nouveau dans les containers. On devrait établir un tour de rôle qui va me permettre quelques vacances, et de me faire un peu servir. Je crois aussi que l’anonymat que préserve un grand groupe me convient davantage. Je me sentirai moins observée, moins différente des autres. Il a quelques fumeurs aussi, desquels je vais nécessairement me rapprocher. Je vais essayer de ne pas me faire remarquer et de respecter strictement les règles pour me fondre dans la masse, et éviter les désagréments des rappels à l’ordre trop fréquents du précédent groupe.

Très vite la configuration de ce nouveau petit monde n’échappe pas à la psycho sociologue abominable que je suis, malgré tout ! Je crois que j’aurais pu d’avance attribuer à chacun le place qu’il a prise dans le camion.

Les deux blondinets, post adolescents, aux cheveux bouclés et mi longs prennent naturellement place tout au fond. Manière de se différencier de la masse d’une part, et de se préserver en restant à l’écart d’autre part. Ce sont toujours les plus sympas pour moi qui se mettent au dernier rang. Si je n’avais choisi de garder ma place précédente, c’est probablement là que je me serais située, au moment du départ.

Les plus âgés, le couple d’américains et le couple d’australiens, prennent place dans les sièges avant, à partir du deuxième rang. On y est moins secoué, et on y est plus près de la sortie. Le couple de suisses allemands, bien que jeunes, prend place bien sagement à l’avant aussi. On a jamais vu des suisses allemands avoir envie de se différencier de qui que ce soit, ni rechercher le moindre inconfort !

Emma et moi, les deux " anciennes " conservons les meilleures places, celles de l’avant, juste derrière les chauffeurs, là où l’on peut étendre ses jambes sur la barre qui sépare la remorque de la cabine. C’est le privilège de l’ancienneté et de l’expérience que de connaître les avantages de chaque siège. Nous n’avons personne près de nous, manière sans doute de marquer que notre position dans le groupe n’est pas la même que celle des nouveaux arrivants. La nouvelle petite cuisinière, une kenyane aux fesses rebondies, viendra très vite se placer près d’Emma, à l’avant elle aussi (la place des connaisseurs !), comme si elle ressentait les traces de l’ancienne présence d’Andy dont c’était la place !

Deux anglaises, à l’air un peu niais à première vue, qui sont des copines, je dirais même des copines un peu trop proches pour n’être que copines, se placent juste derrière les couples, marquant ainsi une nette frontière entre eux et les célibataires. Sandra comme à son habitude reste seule sans personne à côté d’elle. Il faut dire qu’elle occupe une sacrée place et que cela engage peu le voisinage. Ces trois là représentent donc une sorte de no man’s land entre la vie sexuée qui est derrière, et la vie de couple rantanplan qui est devant. C’est un no man’s land " d’intouchables " pour des raisons diverses !

Les célibataires, garçons et filles d’environ 30 ans, occupent tout naturellement les huit sièges qui sont situés les uns en face des autres autour des deux tables ! On y entendra très vite des rires qui montrent que la communication a été facile à s’établir.

D’emblée, un premier choix s’impose donc. Celui de la rencontre obligatoire avec les autres passagers ou celui de l’isolement que permet la situation de couple. Puis un second, celui du confort qui vous situe dans le rang, ou celui de l’inconfort qui vous permet de s’en distinguer !

Nous voilà donc placés comme nous devons l’être, selon une loi obscure, mais pourtant bien invariable, qui détermine comment les êtres se situent dans l’espace géographiquement les uns par rapport aux autres !

Malheureusement, je sais, qu’Anna a l’intention de faire pratiquer le jeu des chaises musicales. Je ne suis pas sûre qu’elle y parvienne !

La seule personne qui paraît se dégager du lot lors de ce premier contact, qui affiche une personnalité bien particulière, est une canadienne, d’environ la trentaine et d’origine italienne, qui en est à son 8ème mois de voyage, après avoir traversé la Chine et l’Inde. Elle parle un français correct et son physique est différent des autres. Elle est très mince avec un visage structuré et un peu osseux, encadré par des boucles noires. Son teint est hâlé, elle très souriante, accompagne ses paroles de jolis gestes et se déplace avec beaucoup de liberté. Il est probable que je me rapproche d’elle.

Déjà les plus âgés me reconnaissent comme un des leurs et viennent me demander s’il est possible de trouver des chambres dans les campements. Merde ! Je vais avoir de la concurrence !

Le trajet est court de Nairobi jusqu’au lac Naivasha (encore un lac ? Ben oui ! C’est la région des lacs !), où nous campons ce soir. Juste le temps d’échanger quelques mots avec mes voisins de derrière, les suisses allemands qui me branchent sur le type de musique que j’écoute sur mon mp3. Une petite critique de la musique anglo-saxonne nous rapproche ! Pour la musique classique, il est vrai que les anglais n’ont jamais été au cœur de l’Europe, et que ce germain a pressenti dans la juive que je suis une alliée possible.

Le campement est superbe. Le lac grouille d’hippopotames très dangereux parait-il, si dangereux qu’Anna me prend à part pour me demander si j’avais bien compris qu’il ne fallait pas s’en approcher. Elle a bien perçu que j’étais intrépide, mais ignore tout de ma zoophobie névrotique celle là !
Des colobes (vous n’avez qu’à lire Scrabblerama si vous ne savez pas ce que c’est !), en petits groupes, grimpent au sommet d’acacias géants, sautant d’une extrémité de branches à l’autre, en émettant des ronflements disgracieux. La bière partagée avec les deux post ado, aussi pressés que moi de s’en mettre plein la lampe, est bien fraîche et permet de faire connaissance. Les spaghettis du soir sont passables et vite avalés. La chambre est sommaire, mais à l’abri des hippopotames !

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
18/03/2006 : Epilogue
13/03/2006 : Dernier jour à Rio
14/03/2006 : FIN
12/03/2006 : Dernier dimanche ailleurs.
11/03/2006 : Un jour pour moi
10/03/2006 : Journée carioca, gauche caviar aujourd’hui !
09/03/2006 : Rio c'est bien comme l'a dit (Da)rio Moreno
08/03/2006 : C'est moi la femme de Rio
07/03/2006 : Dernier texte argentin
06/03/2006 : Où suis-je ?
05/03/2006 : C'est la chute finale…
04/03/2006 : dernière étape argentine
03/03/2006 : carnaval
02/03/2006 : J'ai la haine
01/03/2006 : Passage d'un col


Autres liens :

Tags
En route pour la suite - Nairobi - Kenya -