Vol au dessus du Namib

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Namibie - Swakopmund
de nadouchka, le 25-07-2005

Vol au dessus du Namib

Namibie

25 juillet, Swakopmund

Swakopmund se situe à 70 kilomètres environ de Henties Bay, une balade pour moi qui marque déjà 2500 kilomètres au compteur de la Toyota.

La route rectiligne et goudronnée traverse les platitudes sableuses de la Skeleton Coast, toujours aussi uniforme et désertique. Un seul hameau est visible sur le chemin. Ce sont des maisons basses disposées un peu au hasard, comme c’est souvent le cas lorsque la place ne fait pas défaut. Chacune d’elles arbore une couleur vive différente, et l’on ose le rouge vif, le rose, le jaune, comme si la couleur était ici un élément de luxe. Il est vrai que les pastels de cette côte uniforme doivent à la longue être lassants, et que la couleur doit manquer aux habitants, comme cela est le cas dans les pays recouverts de neige une bonne partie de l’année. En Islande, mais aussi chez les inuits de l’autre pôle, les maisons sont ainsi colorées. Notre gris Paris ignore cette coutume, et moi qui suis du sud, j’éprouve bien souvent le besoin d’une lumière plus vive, de coloris plus contrastés.

Swakopmund est une ville étrange. C’est allemand, c’est sûr. Les noms des rues et des bâtiments, les enseignes de cafés et de boutiques, tout est écrit en caractères gothiques ! Rien ne dépasse, tout est au carré et extrêmement propre. C’est une ville récente aussi, moderne, qui ne peut s’enorgueillir que de deux ou trois maisons du début du 20ème siècle, mais où tout est désuet. Le style des maisons basses, l’atmosphère des cafés, les vitrines des magasins, laissent penser que l’on se trouve 100 ans en arrière. C’est si propret et si volontairement coquet que l’on ne peut s’empêcher de penser aux villages de Walt Disney, avec ce qu’ils ont d’irréels et d’artificiels, pour nous européens qui ne nous laissons pas prendre aux pièges du carton pâte.

Le bord de mer est un mélange de promenade des Anglais, alignant de magnifiques palmiers le long de la route, et de Deauville, avec son soleil grisonnant, son grand vent, et ses immenses plages atlantiques. C’est très déconcertant, sachant qu’à quelques kilomètres de là on se trouve en plein désert du Namib. Il fait ici 13°, et 30° à environ 20 kilomètres à l’intérieur des terres.

J’échappe aux brumes de Swakomund par les airs, trouvant tout de suite un avion en partance pour le survol du désert. Le vol coûte cher, mais tant pis ! Il s’agit également d’un Cessna, piloté cette fois par un beau jeune homme brun, aux traits fins et aux jolies mains, à côté duquel je suis assise, à la place du copilote. Daniel Day Lewis a remplacé cette fois ci Robert Redford, mais la beauté du paysage me fait vite oublier mon voisin !


C’est grandiose, et je ne vois pas de mots pour le décrire. Nous survolons une rivière asséchée bordée de dunes blondes, puis un paysage lunaire faits de pierres noires et de cratères, avant d’arriver au cœur du Namib, là où le sable est rouge et où se trouvent les dunes les plus hautes du monde, l’une d’elle excédant les 300 mètres. Les dunes forment vues de haut de magnifiques vagues, des ondulations d’une grande beauté, et sont disposées parfois en parallèle, d’autres fois en arcs de cercle, que l’on appelle des barkhanes. L’avion vole en rase motte, si bien que l’on perçoit tous les détails, la grosseur des grains de sable, la densité des sols, l’inclinaison des pentes, et les quelques malheureuses plantes qui se sont adaptées là. Les couleurs sont flamboyantes sous un ciel d’un bleu parfaitement pur. Je suis scotchée à mon hublot !

Puis, l’avion atteint l’océan, et l’on voit clairement comment les dunes rencontrent la mer, parfois en douceur, formant d’inimaginables plages, d’autres fois en falaises, le sable érigeant des murs contre les vagues. Nous survolons une ancienne mine de diamants, toute en bois, digne des meilleurs westerns d’Hollywood, puis plusieurs épaves de bateaux échouées sur la côte, avant d’atteindre une exploitation de sel qui, vue du ciel, est féerique par sa géométrie parfaite et ses couleurs improbables.

Retour sur terre à Skawopmund, dans le bungalow en préfabriqué du camping municipal que j’ai loué pour deux jours. Ce sont des petites cases bien alignées et bien proprettes, destinées à accueillir les vacanciers namibiens peu argentés. Mais nous sommes hors saison, et le lieu est désert et assez tristounet.

Une pizza napolitaine, aux anchois et au fromage, cuite au four et à la pâte fine, clôture cette journée. Ce n’est pas grand-chose, mais pour moi beaucoup ! La pizza est le plat privilégié des marseillais, et j’éprouve toujours un grand plaisir à retrouver cette garniture molle, salée et grasse qui recouvre un pain croustillant et un peu grillé. Il y aurait beaucoup à dire sur la pizza, la première des choses étant que je n’en connais aucune digne de ce nom à Paris. Celle de Swakopmund ne pourrait pas faire concurrence à celle de chez Jo à Aix en Provence, ni à celle de chez Antoine à Marseille, mais elle était bienvenue et finalement pas mal du tout !




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