Préparatifs voyage

 
 
 
le plan santé
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15/01/05 :

Bilan au retour d'Algérie : Nul! archi nul!

Les Marloboros light étaient à deux euros le paquet en duty free.
Le tapis de cardio training est inutilisé depuis deux mois.
La prof de gym avec laquelle j'avais fait un "transfert positif" s'est faite remplacer par une belge parcequ'elle a été choquée d'avoir échappé au tsunami qui a radié de la carte l'île Ko Pih Pih, sur laquelle elle se trouvait ce 26 décembre.
Je ne suis pas sélectionnée pour la finale du championnat de france et la copine Joelle a du me piquer plus tôt que prévu.
Quant à la rage, rien à prévoir avant le mois de février, sauf bien sûr si dans les 15 jours à venir je me faisais mordre par le rouge-gorge qui vit sur ma terrasse, ce dont je ne manquerais pas de vous informer aussitôt!



1/12/04 :

J'ai passé le contrôle technique avec succès : yeux, coeur, foufoune, seins et dents sont en bon ordre!

J'ai arrêté de fumer et recommencé, mais tout le monde le sait, je vais me re-arrêter!

L'approvisionnement en médic va s'effectuer gràce à un copain pharmacien sans avoir à transporter une malle sanitaire!(merci Phillipe!)

J'ai acheté un tapis de cardio training et suis censée en faire une demi heure tous les matins : dur, dur!

Je fais de la gym deux fois par semaine avec une super kiné, et fais rêver les participantes du cours avec mes histoires de gorilles à chaque séance!

Je pars en algérie trois semaines fin décembre en rando pour éprouver ma forme et ma résistance accompagnée d'une belle ribambelle de chameaux!

Les vaccins sont en cours... le 5 décembre pendant la phase 3 du Championnat de France de scrabble, la copine Joelle me pique contre les hépatites et la méningite, mais après la 3ème partie m'a t-elle précisé!

Quant à la rage est ce bien raisonnable d'en rajouter me concernant ?




l'équipement : chapitre 2 : le vieux campeur 
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15/01/05 :

Retour d'Algérie :
"Ne devrais je pas retourner quand même au Vieux Campeur ?"
"Mais si bien sûr!"
Moralité : "Qui a bu boira!"



1/12/04 :

Quel bonheur ces heures au Vieux Campeur! j'y suis retournée si souvent que les vigiles m'appelaient presque par mon prénom!

Même si vous ne partez pas autour du monde je vous conseille de faire semblant, et d'y aller "pour du beurre" passer un week-end!

Traînez vos guêtres dans les guêtres précisément, (celles pour le sable, celles pour la neige...), et puis allez faire un tour du côté des casques coloniaux à moustiquaires, avancez un peu plus loin vers les cagoules anti-tout, puis revenez vers les chaussures que l'on enfile sur ses chaussures, les vêtements qui respirent dans un sens quand il fait froid et dans l'autre quand il fait chaud, les chaussettes avec un pied droit et un pied gauche, les sacs-en-sac et les sur-sacs, et j'en passe!

Dites au vendeur "je pars faire un tour du monde d'un an ; que me conseillez-vous ?", et offrez vous un petit moment de frime bien méritée, compte tenu du budget que vous allez y laisser!


l'équipement : chapitre 1 : qui suis-je ?
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15/01/05 :

Retour d'Algérie :
Le sac est super pour tout ranger, mais déjà tout cabossé au fond, et ne tient plus debout! Je propose la création d'un nouveau label de qualité en maroquinerie : "Testé pour vous par des chameliers touaregs"
J'ai tenté de redresser le fonds à coups de pied à mon retour. Penser de demander à un mec (de passage!) de faire la réparation de manière plus orthodoxe...
Quand aux sangles qui sont censées assurer que le sac ne s'ouvre pas en cours de route, elles sont très efficaces, mais ont l'inconvénient de ne pas s'ouvrir elles même non plus quand la route est finie et qu'on veut accéder au contenu ! au diable donc les sangles!

Moralité : "De deux maux il faut choisir le moindre!"


1/12/04 :


Le plus difficile est de choisir son sac, parce que cela pose la question de savoir si je suis une "routarde" ou une touriste, une "pure et dure" ou une dilettante, une jeune ou une vieille, etc.!
J'ai d'abord cru trouver le compromis idéal : un sac caméléon transformable au gré des occasions, permettant de se déguiser en ce que l'on veut (Le Vieux Campeur, bien sur!);
Mais n'étant pas idiote j'ai appliqué le principe "seuls les imbéciles ne changent pas d'avis", et je l'ai troqué contre un très gros, très beau et très astucieux sac de voyage à roulettes, hyper chic (un peu trop non ?), que je regarde tous les soirs dormir dans mon placard.
Vivement l'Algérie fin décembre pour le remplir pour la première fois! Ce ne sera pas encore tout à fait pour de vrai, mais presque!


les premieres résa 
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15/01/05 :

Retour d'Algérie :
les résa avancent au fur et à mesure du calendrier, mais je dois résister aux "conseils" de mon agent de voyage (le fameux "connaisseur donc!), qui a l'air de trouver que mon itinéraire n'est pas très culturel (cul... quoi ?), qui suggère des changements, qui émet des doutes, etc.

Petit extrait de notre dernier dialogue :

"Mais oui Monsieur je veux aller en Tasmanie!"
" bof! c'est comme si les touristes étrangers pour visiter la France voulaient aller en Corse!"
"oui, mais la Tasmanie ça me fait rêver! vous n'avez jamais entendu parler du prince de Tasmanie ?"
"ah! si c'est dans l'imaginaire alors!"

Ceci me confirme bien dans la volonté persistante qui a guidée ma vie de ne jamais rien y connaître vraiment à quoi que ce soit!




1/12/04 :

J'ai acheté mon billet (Connaisseurs du voyage est juste derrière mon Monoprix, c'était facile!)
J'ai réservé les trois croisières : Aranui cargo pour les îles Marquises, Mare Australis croisière dans les fjords chiliens et le l'Akademik Shokalskiy brise-glace russe pour l'Antartique!
25% du prix du voyage à avancer ça commence à faire très sérieux ce projet...
Heureusement que les copines sont là question trèsorerie! Merci Eliane!


l'appartement
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15/01/05 :

Retour d'Algérie :
l'appart n'est toujours pas loué, et le temps passe, et avec lui les seules questions que l'on est capable de me poser : "alors ton appart ? ça y est ? il est loué ?"



1/12/04 :

Les agences se succèdent et trouvent "le produit" comme elles disent super, mais toujours pas de candidat en vue!

Ne serait-je pas en train de "vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué" ?

Non, attendons! Le "riche- américain- très propre" qui va louer mon appart ne viendra pas avant quelques mois m'a t-on assuré!
S'il ressemble au prince charmant il ferait bien de le dire tout de suite, parce que je changerais mes plans!


l'équipement : chapitre 3 : où vais-je ? 
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15/01/05 :

Bilan au retour d'Algérie :
Il y avait bien tout le nécessaire, mais j'ai laissé en cours de route à Djanet, tout ce qui concernait le froid, parce que j'avais eu chaud dans le tassili du Hoggar (oui Bernard, celui de Lyon ou d'Austerlitz comme tu veux), et quand la bise fut venue je me suis retrouvée bien dépourvue!
Moralité : "une hirondelle ne fait pas le printemps"


1/12/04 :

Partout! c'est bien le problème!
Dans la brousse, la boue, le bush,...
Sur des atolls et des gondoles (oh!)...
Aux caps : celui d'Horn et de Bonne Espérance...
Dans des camions, des avions, des bateaux,...
A pied et en auto, avec ou non ma maison sur mon dos...
Dans des mosquées et des igloos...
En tchador ou en paréo ?
Alors ? qu'emporter ?
J'ai cherché dans les pages pratiques de mes magazines féminins préférés, et pour une fois rien trouvé!
Mon sac sera donc une caverne d'Ali Baba, avec un peu de tout pour un peu partout, et on verra bien!



l'équipement : chapitre 4 : la pharmacie
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15/01/05 :

"Pas encore prête" (disais-je avant le voyage en algérie), parce que "pas envie de penser à tous les bobos qui vont m'arriver, les infections, les inflammations, les irritations, les afflictions, les ... STOP! Maman!"

Retour d'Algérie :

Je suis donc prête, et voici le bilan de mon usage de la magnifique boîte à pharmacie achetée chez "Zola Color", le spécialiste des articles ménagers du 15ème arrondissement ( 12 euros ):

Au début tout est rangé, et très vite tout devient introuvable!
Les laxatifs ont servi pour un chameau qui en est mort! Je jure c'est vrai! Eviter à l'avenir tout usage vétérinaire des produits.
Les anti- diarrhéiques ne sont nécessaires que pour mes compagnons de voyage, qui donc eux maigrissent à vue d'oeil, alors que je reviens de mes 300 km à pied avec le même poids que celui avec lequel je suis partie!
En cas de morsure de vipère, oui nous en avons vu une, mon Aspivenin ne saurait suffire. Penser à se faire prescrire des injections de Célestène.
Tous les produits concernant les douleurs rhumatismales sont inutiles, car j'éprouve de très fortes douleurs dans mon magnifique lit parisien,(un Pirelli à lattes orientables et à 15000 F, équipé d'oreillers ergonomiques garantissant une totale relaxation des muscles du cou), et aucune douleur quand je dors par terre!
En avril ne te découvre pas d'un fil et on n'a jamais assez de Tricostéril.
Pour prendre son Kardégic il faut ...(hic!)de l'eau! C'est pourtant pas sorcier de fabriquer des comprimés plutôt que de la poudre, Monsieur le Directeur du Développement de Sanofi-Syntélabo, non ?
Quand on marche et qu'on a de grosses cuisses, attention aux brûlures! je n'avais jamais pensé qu'on pouvait peut-être ainsi éviter le lifting à ce niveau crural interne, lifting que par avarice et/ou crainte, j'avais évité de faire la dernière fois (celle du crural externe)! "A vieille mule, frein doré"!
En cas de mal de tête persistant, et après la fin du Di-Antalvic, il est temps de se demander ce qui le provoque, et d'arrêter le médicament responsable. Comment peuvent-ils avoir eu l'idée de nous faire ingurgiter des oestrogènes par aérosol nasal? ils sont fous!
Pas besoin de somnifères après 20km de marche par jour!
Pas besoin de Lisanxia ni de Lexomil en dehors de Paris!
Pas besoin d'antibios quand on a attrapé une angine avant le départ et qu'on vient de s'enfiler 8 jours d'Augmentin!
Pas besoin de Mannix quand on est si repoussante de saleté que je l'ai été pendant ces trois semaines!



les sous 
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Le 17/01/05
Dernières nouvelles au retour d'Algérie (et PLI toujours à mon secours!):

"Pierre qui roule n'amasse pas mousse!"
"Plaie d'argent n'est pas mortelle!"
"On ne prête qu'aux riches!"
"A père avare, enfant prodigue! à femme avare, galant escroc!"
"L'argent est un bon serviteur et un mauvais maître!"
"Contentement passe richesse!"
"Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée!"
"La fortune vient en dormant!"
"Pauvreté n'est pasvice!"


Et puisque :
"l'eau va à la rivière!",
"les petits ruisseaux font les grandes rivières",
"qui paye ses dettes s'enrichit!",
"les bons comptes font les bons amis!",
Cofinoga (mon amie ???!), va attendre fin juillet contrairement aux prévisions de mon centre de gestion agréé (l'inconscient freudien)!



Le 1/12/04 :

Comment vais-je arriver à tenir un budget là bas alors que j'en suis incapable ici ?
Comment savoir si je préfèrerais la belle étoile aux étoiles d'un hotel ici ou là ? (Quel luxe de se poser de telles questions!)
Ici en France tout est sur prélèvement automatique désormais, donc ça va tourner sans moi ; là bas il y aura toujours ma tente et mon duvet au cas où, et Monsieur Mac Donald pour l'apport calorique journalier.
De ce dernier point de vue d'ailleurs, je pars avec de bonnes réserves de graisse capitaliste qui devraient me permettre de tenir un an!





les doutes : "dans le doute ne t'abstiens pas!"
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15/01/05 :

Comme on fait la liste de ce que l'on a à faire dans la semaine à venir, en vrac et sans ordre d'importance ni d'urgence, voilà la liste des peurs et des doutes qui ne m'épargnent pas :

- avoir à supporter pendant presque 4 mois une bande d'anglophones dont je ne connais rien et peut-être idiots.
- traîner mon ennui sur une plage déserte.
- rêver trop souvent de mon lit.
- ne pas voir Nina grandir et perdre le lien que j'ai avec elle.
- ne pas savoir quoi faire ni où aller.
- ne pas parler français pendant un an.
- ne pas trouver de livres à lire en français.
- rater la révolution à Paris!
- être physiquement limitée et ne pas pouvoir faire ce que font les autres.
- mourir avant le départ!
- être trop grosse pour monter sur le camion.
- ne pas louer mon appartement et être condamnée aux Mac Do et aux auberges de jeunesse!
- perdre mes papiers, mes billets, mes médic.
- rencontrer des bêtes que je ne connais pas encore!
- compter les jours qui restent avant le retour.
- devoir manger du kangourou (par exemple).
- apprendre la mort d'un de mes proches.
- avoir le mal de mer en franchissant le cap Horn.
- marcher trois semaines sous la pluie.
- dormir dans un dortoir qui sent les pieds.
- aller à l'hôpital de Kampala, ou chez le dentiste au Botswana.
- ne pas pouvoir porter ou soulever mon sac.
- attraper des morpions sur une plage de Zanzibar.
- voir trop de misère.
- être vue comme une touriste américaine.
- rencontrer un homme qui m'attire.
- ne pas pouvoir me connecter à internet.
- avoir envie de jouer au scrabble et savoir que je régresse dans le classement.
- avoir envie d'un camembert.
- trop fumer.
- vivre le quotidien et ne pas savoir le faire partager.
- n'avoir envie de rien.
- ne pas avoir le courage d'aller vers les autres.
- devoir rentrer.
- recevoir un mail de mon locataire pour réparer la machine à laver!
- ne pas pouvoir être seule et/ou me sentir trop seule (mais tu le sais ce que tu veux à la fin ?)
- ne voir personne venir me rejoindre.
- savoir que personne ne lit mes carnets de voyage.
- ne plus pouvoir regarder "questions pour un champion", et que ça n'existe plus à mon retour.
- que la fermeture Eclair de mon sac de voyage craque.
- qu'on me vole mon ordi ou qu'il tombe en panne.
- me demander ce que je fais là.
- devoir tuer des cafards dans ma chambre d'hôtel.
- avoir envie de porter une robe.

...






les antido(u)tes ou comment ne pas s'abstenir! 
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15/01/05 :

A lire en combinaison et/ou en parallèle avec l'article précédent ("dans le doute ne t'abstiens pas!"), ce qui du point de vue de la technique de lecture n'est pas facile, j'en conviens, mais impossible encore une fois de bien travailler son texte sur ce site!

- dire que je ne parle pas bien anglais pour ne pas avoir à communiquer avec Des anglophones idiots.
- dormir, ou aller ailleurs
- m'offrir un bon lit de temps en temps.
- savoir voir avec des yeux d'enfant et alimenter régulièrement le carnet que j'enverrai à l'école alsacienne.
- ne rien faire et n'aller nulle part si le coeur ne m'en dit pas ; ou bien m'en tenir strictement à mon programme.
- écrire en français pendant un an.
- prendre un aller-retour pour Paris en cas de révolution.
- cesser de vouloir être la compagne de Jean Louis Etienne.
- arrêter de fumer avant le départ.
- faire un régime et perdre 9 kilos.
- baisser le prix de l'appart et/ou le mettre en location courte durée.
- scanner tous les docs importants et les mettre sur Internet.
- pour les bêtes rien à faire, sinon les éviter, mais pourquoi aller en Afrique ? Prendre des photos pour nina.
- compter dans l'autre sens, c'est à dire les jours passés depuis le départ .
- cracher le kangourou en cachette sous la table.
- ne plus revenir sur terre.
- prendre de la nautamine.
- ne pas lésiner sur la qualité du Goretex.
- avoir toujours sur moi une petite réserve d'eau d'Isse Myake.
- appeler l'assistance médicale, pas de problème je connais!
- oser demander de l'aide et en rire.
- rajouter de la pommade au plomb dans la boite à pharma.
- être capable de passer mon chemin, et de ne pas vouloir soulager toute la misère du monde (pour une fois seulement!)
- ne jamais porter de casquette américaine et m'en tenir à ma casquette chinoise.
- fuir tous les mâles trop attractifs et ne pas me laisser prendre aux pièges.
- avoir un super téléphone passe- partout dans le monde.
- jouer sur ISC (internet scrabble club).
- m'offrir de temps en temps un restau français et demander à Eliane de m'apporter du camembert en Afrique du Sud.
- ne pas acheter de cigarettes même à 1 euro le paquet.
- écrire tous les jours.
- ne rien faire ou augmenter la dose de Prozac.
- profiter de ma solitude.
- ne jamais penser au retour.
- envoyer le locataire au diable!
- ne jamais "se faire coller" par qui que ce soit, tout en faisant la chasse à la misanthropie (vous savez comment faire vous ?).
- n'attendre personne.
- n'écrire que pour moi.
- oublier à 18h20 "questions pour un champion" et prendre un apéro quand même!
- trouver un bon système de sangles pour le sac.
- avoir de l'argent en réserve pour acheter un autre ordi.
- se demander ce que je fais à Paris.
- prendre une micro bouteille de Baygon.
- acheter de la crème Veet et se payer le luxe d'une robe pour quelques jours.
l'école alsacienne
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15/01/05 :

La directrice de l'école alsacienne semble enthousiaste à l'idée que les petits des classes de 12ème puissent suivre mon voyage.Elle doit me contacter pour organiser une rencontre avec eux avant mon départ.
Pitchouns qui vont apprendre que la terre est ronde et peuplée de bien plus de surprises que n'en recèlent les livres d'enfant!
Je me réjouis de ce lien qui va orienter mon regard et donner un sens supplémentaire à la vadrouille.

les bonnes résolutions 
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15/01/05 :

à ceux qui me lisent depuis le début :

1. je n'ai toujours pas arrêté de fumer
2. je ne vais plus à la gym
3. je ne suis toujours pas au régime
4. mais je pars toujours le 3 mai!

et je me demande :

1. s'il ne vaut pas mieux mourir jeune en ayant eu du plaisir que de faire traîner une vie de privations!
2. si la gym sert à quelque chose!
3. si 14 semaines en afrique ne vont pas avoir l'effet miracle de me dispenser de maigrir avant le départ!
4. si je n'aurais pas du écrire plus tôt le "journal de Bridget Jones"!

le point au 15 janvier
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15/01/05 :

Vaccins en cours, mais je ne suis finalement pas sélectionnée pour la finale du championnat de France! et bien oui! il est beaucoup plus difficile de réussir dans ce domaine que de faire le tour du monde.

Appart toujours pas loué, mais des propositions de location courte durée commencent à arriver. J'attends toujours le riche américain évoqué ci dessous, et comme pour le prince charmant il faut de la patience!

Matériel éprouvé en Algérie : tout va bien, mais penser à changer la lampe frontale qui n'éclaire rien, à prendre des sacs ziplock pour tout protéger de la poussière, à changer les sandales de rando qui me blessent, et racheter des soutien gorge brassière!
C'est certainement peu intéressant à lire, me direz vous, mais très important pour moi! et puis encore une bonne occasion de retourner au Vieux Campeur n'est-ce-pas ?
La liste des médic est à jour, et je suis en train de résoudre le problème d'une autre manière : arrêter tout ce qui n'est pas vital, et donc "assumer" les changements d'humeur, le vieillissement de la peau, la sécheresse vaginale, comptant respectivement sur l'euphorie de la route, sur l'effet cosmétique du teint hâlé et buriné de la baroudeuse, et sur la tenue ferme de ma résolution d'inébranlable chasteté! Le sac s'allège donc.

Le plan technique reste comme d'habitude le plus énigmatique, et dans le dédale des nouvelles possibilités de communiquer je me perds, sachant au final que malgré l'abondance de l'offre, le principal problème sera de pouvoir me connecter... au secteur électrique!


J'ai recompté les sous à dix reprises au moins déjà depuis que j'en ai parlé pour la première fois, et je viens de me rendre compte que le prix du voyage en Afrique était annoncé non pas en dollars comme je le croyais, mais en livres sterling! Je dois donc multiplier mes prévisions pour ces 4 premiers mois par 1,87142! Au point où j'en suis, il ne reste plus qu'à espérer le fabuleux héritage gréco-turc qui m'attendra sûrement à mon retour! Merci Didier!


quelques questions auxquelles il faudra bien répondre 
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18/01/05 :

Une petite liste pour mon ami Bernard qui en est friand, des questions concrètes encore non résolues à ce jour, mais auxquelles l'humanité ne se posant que les questions qu'elle peut résoudre, j'ai bon espoir de pouvoir apporter une réponse bientôt :

- le vaccin contre la rage est-il bien nécessaire me concernant (redite!)?
- quel temps fera t-il en fait le jour du départ ?
- combien dois-je calculer de lingettes par jour pour l'Afrique, sachant que j'en ai utilisé en Algérie : 2 pour le visage, 2 pour les aisselles, 2 pour les fesses, et ceci 2 fois par jour, et que ce sera quand même encore un peu la saison des pluies ?
- dois-je emporter ma doudoune à manches longues ou celle sans manches, sachant que j'emporte par ailleurs mon magnifique ensemble polaire et Goretex canadien ?
- à quoi ressemble le truck ?
- irai-je vraiment au Brésil ?
- combien dure la batterie de mon portable, de mon appareil photo ?
- vaut-il mieux choisir AOL que Free ?
- où trouver des étuis à lunettes qui ne pèsent pas une tonne ?
- le mouvement social qui s'amorce cette semaine va t-il faire boule de neige au printemps ?
- ai-je assez de pages vierges sur mon passeport pour entrer dans 17 pays ?
- me faut-il prendre quelques cours pour conduire à gauche ?
- Jospin revient-il vraiment ?
- ne faudrait-il pas emporter quelques boîtes de thon au cas où ?
- y a t-il un cyber café à Harare ?
- un taxi voudra t-il bien m'accompagner à Soweito ?
- qui va passer cette année à ma place en 2ème série ?
- qu'en est-il de la dictature au Zimbabwe, que cette conne de Condolezza Rice (je ne suis pas sure de cette orthographe) a stigmatisée hier comme un des pays les pires de la planète ?

- etc.

A propos de cette dernière, et bien que je sorte du sujet, je le sais, je tiens à profiter de ce média pour ré-affirmer que cette personne est une honte pour les femmes comme pour les noirs! (Domi je sais que tu es d'accord avec moi).
à la Fnac le client est roi!
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j'ai écrit cet article et tout s'est effacé, je ne sais évidemment pas pourquoi! il est 3h45 (AM), je renonce je vais me coucher.
A la Fnac, suite! 
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Un vendredi de fin février, 17 heures, veille de vacances scolaires, il fait presque nuit, et il gèle. Je quitte la rue Ordener mûe par la terrible détermination que me donne cette fièvre acheteuse qui me prend parfois : après plusieurs nuits d’insomnie j’ai enfin choisi l’ordinateur de mes rêves, ce joli petit compagnon de voyage qui me permettra d’occuper mes soirées, de jouer, de regarder mes photos, d’écrire… En attendant, le posséder me permettra peut-être enfin de retrouver le sommeil.
Des flics venus sans doute de Montrouduc « régulent » la circulation ce soir là. Ils ont probablement été choisis par défaut, par sanction pour leur incompétence notoire ou leurs nombreuses bavures, et ils découvrent Paris pour la première fois. Personne ne roule et plus grandit à chaque carrefour l’enchevêtrement de voitures immobiles plus ils sifflent pour masquer leur impuissance !
Il me faudra 1H3O pour atteindre la Fnac du boulevard St Germain, hors d’haleine attachée à mon siège de voiture, donc sans bouger.
J’attends environ 10 minutes pour trouver un vendeur. Il est déjà 18h40. Je sais ce que je veux, il est bien en rayon, c’est simple.
Mais mon produit n’est plus disponible en stock évidemment, ni nulle part dans aucune autre Fnac. Seule celle des Champs Elysées en a encore un à vendre, mais c’est un appareil d’exposition.
Je retourne en rayon et voit un autre ordi, plus cher encore, mais je me convainc qu’il a aussi d’autres avantages. Retour vers le vendeur, alors occupé par un autre client, et qui évite soigneusement de diriger son regard vers moi. Je le mitraille des yeux et il ne peut pas m’échapper ! Je vais enfin toucher au but.
A ma demande il répond que la Fnac ne vend pas cet ordinateur. Pour le placer face à l’évidence je le conduis sur le rayon où l’appareil est exposé. Ah bon ! il ne savait pas, ça vient de rentrer, … Je pose quelques questions tout de même et à chaque question il doit traverser tout le magasin pour demander à son collègue qui est on ne sait où, et qui lui « sait ». Il effectue ainsi 3 ou 4 aller retour.
Je décide de commander le produit qui, évidemment, n’est pas non plus en stock, mais bon, tant pis j’attendrai.

Le bon de commande établi, je me rends en caisse. Il est plus de 19 heures. Queue bien sûr, mais bon, je suis au bout du parcours. La caissière estimant que le bon de commande n’est pas établi correctement je dois remonter à l’étage, les haut parleurs annoncent la fermeture du magasin dans quelques minutes. Je remonte. Le vendeur est encore occupé avec un autre client. Je change d’avis (j’ai eu le temps !). Je vais me rendre à la Fnac des Champs qui est ouverte jusqu’à minuit.
Traversée de tout Paris, sous la pluie toujours. Il fait bien noir maintenant et les voitures marchent au pas, chargées des skis des vacances de février. Pas de problème, ma détermination est toujours intacte.
20 heures, je parviens à la Fnac des Champs Elysées. Le produit convoité est bien en vitrine, et le vendeur asiatique pris en otage par une folle qui veut récupérer les données de son téléphone portable après avoir tout effacé. Le vendeur explique qu’il ne peut rien, qu’il n’est pas vendeur de téléphone de toutes façons, et que même s’il l’était il ne pourrait pas par magie récupérer des données effacées. Mais la dame est adepte de la pensée magique, et insiste. Il faut attendre environ 15 minutes pour que le vendeur parvienne à s’en débarrasser, après que la folle se soit insurgée contre moi qui marmonne tout haut comme il se doit qu’ « elle est folle celle là » !
Ca y est ! Le vendeur est à moi, si j’ose dire ! Oui, il peut vendre l’appareil d’exposition, avec une réduction de 10% si je choisis le rouge. Mais il doit appeler pour cela un responsable, et me « passer » à un autre vendeur car c’est un long processus, et il est tard, il a bientôt fini sa journée. Bien. Le collègue arrive en relais. Appel du responsable, qui ne répond pas. Il est bien de permanence Mr Machin ? Oui, mais… Il est où ? Personne ne sait et tout le monde a un air entendu. A cette heure un vendredi soir personne n’a l’espoir d’atteindre Mr Machin.
Le vendeur décide de prendre la responsabilité de la vente avec réduction. Il 20h30. Mais il faut faire venir le vigile qui a la clef de la vitrine. Appel du vigile. Pas de réponse. Le produit est toujours sous sa vitrine verrouillée, les odeurs des différents Mac Do environnants pénètrent jusqu’au fond du magasin et j’ai faim. Allez courage ! J’y suis presque !
20 h 45 un grand noir baraqué vient ouvrir la vitrine, qui résiste sous sa clef pendant 10 bonnes minutes. Je vérifie le produit, donne mon accord. Il n’est pas rouge mais bleu. Le vendeur par pitié pour moi accepte quand même de faire la réduction, et établit enfin le bon de commande. Je me rends donc en caisse.
Queue bien sûr, encore, mais cette fois ci je suis près du but. La caissière prend un air suspect en regardant le bon de commande. Elle doit retourner voir le vendeur. Traversée encore une fois de tout le magasin avec elle. Il est plus de 21 heures et j’ai de plus en plus faim.
Le vendeur reconnaît son erreur, mais de toutes façons il ne peut pas me vendre le produit ! Il ne retrouve pas le cordon d’alimentation. Tout le monde cherche le cordon pendant encore un bon quart d’heure, et il faut se rendre à l’évidence : il a disparu. La caissière essaie de me convaincre que « heureusement qu’on s’en est aperçu, sinon vous vous rendez compte ! ». Je dois donc m’estimer heureuse !
Je quitte le magasin à 21 heures 30. Il gèle toujours. Il me faudra encore une grosse demi heure pour rentrer chez moi, affamée, épuisée et bredouille !
Heureusement que « Contre Courant » diffuse un documentaire sur les Justes qui me réconcilie avec la vie ! Demain j’irai chez Surcouf.





les choses avancent...
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21 février, les choses commencent à bouger sérieusement après une longue période de stagnation.

La procédure des visas est lancée par un organisme de service spécialisé car je ne me suis pas senti le courage d’effectuer des allées retour entre les ambassades de Zambie (à Bruxelles), du Kenya, du Malawi, etc. Et puis ne vont-ils pas perdre mon passeport ? Contre toute attente le Botswana au nom si curieux ne réclame rien ! Au total je dois avoir 14 pages disponibles sur le passeport pour les visas nécessaires, ce qui je crois m’oblige à en avoir un deuxième !

L’ordinateur est acheté, configuré, assuré et en mains. Il était censé peser I,3 kilos mais en fait 1,6 avec la batterie. Quelle escroquerie. Si vous voulez vivre avec moi le long processus qui m’a conduite à cet achat, lisez l’article précédent. Je l’équipe d’une deuxième batterie et d’un chargeur qui se branchera si Dieu veut sur la batterie du truck.

Les vaccins sont presque terminés. Je ne peux plus attraper la diphtérie, la polio, le tétanos, la typhoïde, la fièvre jaune, la méningite, l’hépatite A, l’hépatite B, la rage… J’aurais pourtant préféré un vaccin contre la déprime, la ménopause, ou l’infarctus du myocarde, mais il faut encore attendre quelques années.

Mon sac est de plus en plus virtuellement prêt. Je le sors de temps en temps pour lui faire comprendre qu’il ne va pas rester éternellement dans l’armoire.

Tous mes documents dits « officiels » sont scannés sur le net par mesure de précaution.

Toujours plus endettée je n’ai pas encore perdu espoir de trouver un locataire et je suis en train de me résoudre à baisser mon prix au cas où. Je me donne jusqu’au 20 mars. Mais « erreur des impôts en ma faveur » (oui vous avez bien lu !) ils me prélèvent 178 euros par mois soit moins de 10 fois la somme due ! Je rectifierais plus tard, bien sûr…

La semaine prochaine rendez vous avec la banquière pour essayer de me la mettre dans la poche en cas de besoin.

Si vous supportez que je continue dans la banalité je vous annonce également que j’ai trouvé l’étui à lunettes hyper léger que je cherchais. Marie l’avait oublié chez moi. Ainsi que la moustiquaire imprégnée que me passe ma petite nièce.

Mes séjours à Tahiti et à l’île de Pâques qui tombent en pleines vacances de Noël et du jour de l’an sont eux aussi complètement bookés. Un vrai bonheur que de voyager virtuellement d’île en île !

J’ai eu peur de mes arrivées dans les grandes villes et ai réservé des hôtels à Sidney et Santiago du Chili. Pourquoi là et pas ailleurs ? Je ne sais pas !

Jeudi rendez vous à l’institut Pasteur pour une consultation anti- paludisme .Il ne manquait plus que celui là ! Je vais rigoureusement suivre leurs prescriptions qui consistent entre autres à laver le linge avec un produit répulsif, que l’on applique en spray sur les vêtements après lavage, et dont on se badigeonne toutes les parties non couvertes. Je ne suis pas sûre de l’odeur que cela produit, mais je vais m’habituer à ça comme au reste ! Si vous entendez parler de l’affreuse odeur des blancs en Afrique vous comprendrez !

J’ai un jour et lieu de rendez vous précis avec le camion, ainsi qu’un petit descriptif des participants déjà inscrits. Nous somme très peu nombreux : 8 sur le premier tronçon, 15 sur le second, et 4 seulement sur le dernier. Comme « plus on est de fous plus on rit », on risque de ne pas se marrer beaucoup, sauf si ce sont des gens super ! Toutes les nationalités anglophones sont représentées : british, canadiens, américains, australiens,… Je vais faire des progrès en anglais. Je ne serai pas la plus vieille. Il y a quelqu’un de plus âgé que moi dans les deux premiers tronçons. Je sens que je vais m’en faire un copain ou une copine ! A l’exception d’un jeune de 19 ans dans le troisième tronçon, tous les participants ont plus de trente ans. Suite au prochain numéro bien sûr où je me ferai un plaisir de décrire chacun dans le détail !

Pas grand-chose à raconter de plus, si ce n’est que ma petite Nina déplore fortement que je n’aille pas au Vietnam, comme sa maîtresse cet hiver.





12 mars 
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La journée des femmes est passée, et arrivent à grands pas le printemps et le 3 mai.

Je me suis accrochée très sérieusement à la location de l’appartement et j’ai réussi à trouver le locataire idéal : l’ambassade d’un pays voisin, et son représentant à l’Unesco ! En attendant la rénovation de leur hotel particulier dans le 7ème, Monsieur l'ambassadeur s'offre un petit pied à terre à Paris puis Madame viendra le rejoindre une fois les travaux terminés!

J’avance à grands pas dans l’équipement technologique, et chaque pas franchi remplit un peu plus mon sac de tout un bric à brac : chargeurs de secteurs, prises universelles, chargeurs allume cigare, mp3, batteries de rechange et pour ceci et pour cela, cartes numériques, connexions USB, et j’en oublie sûrement ! Je me souviens des départs à la plage quand j’étais petite, avec les taraillettes (ah ! vous ne savez pas ce que c’est !), les pelles, les râteaux, les palmes, les masques, etc. C’était les temps nouveaux de la matière plastique…Aujourd’hui c’est celui des fils et des chargeurs, et ils se ressemblent tous, sont tous noirs et pourtant tous différents. Que vienne vite le temps du sans fil pour tout ! Comment est-il possible qu’on soit allé si loin dans le progrès et qu’il faille encore s’encombrer de tous ces fils et chargeurs ? L’électricité est décidemment un domaine bien en retard.

Les vaccins sont enfin terminés. Tout peut désormais arriver !

La déclaration d’impôts aussi d’ailleurs, (j’y pense !).

Lundi permis de conduire international. Il faudra rouler à gauche pendant un an. Ils sont vraiment fous ces anglais ! Je ne suis pas du tout sûre d’y arriver facilement.

Je me gave de documentaires divers sur les pays de mon itinéraire, et comme un fait exprès chaque fois que j’allume la télé il y a quelque chose sur l’Antarctique, la Polynésie ou l’Afrique du Sud. Le monde semble m’attendre ! Quelle prétention !

Cette semaine je commence les premiers cartons. Marie m’a aidée à ranger la cave et m’a même fourni le rouleau de scotch ! Si tu n’existais pas il faudrait t’inventer !

Je me sens sur le départ, je ne suis plus tout à fait ici, ni ailleurs non plus. Les gens commencent à me souhaiter un bon voyage. Les premiers au revoir ont eu lieu.

Nina parle de mes vacances et ne veut pas que je mette ses jouets dans la cave. Elle a intégré mon départ et guette à la télé les bandes annonces des docs susceptibles de m’intéresser !

La copine Corinne-du-scrabble se propose de m’accompagner à l’aéroport. Parfait pour éviter les pleurnicheries.







J-43 c'est le printemps à Paris!
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La maison se vide et la cave se remplit. La liste des choses à faire avant le départ s’allonge toujours davantage, mais de petits détails. Le gros des préparatifs est terminé.

Je fais la maison coquette pour accueillir comme il se doit le bourge belge, dont j’ai appris qu’il ne souhaitait pas dormir sur mon matelas. Il vient donc avec le sien ! On ne sait pas lequel des deux dégoûte le plus l’autre !

Marie Do a désormais entre les mains toute ma vie, consignée dans un dossier de plastique noir. On y trouve pêle-mêle mon assurance sur la vie, les coordonnées de mes cartes bancaires, mon titre de propriété, mes justificatifs de revenus, mes taxes foncières et d’habitation, les coordonnées de mon cardio, les tableaux d’amortissement de mes prêts, les photocopies de papiers d’identité, ma carte vitale, mon assurance rapatriement, ma dernière scintigraphie myocardique, bref tout ce qui fait ce que je suis aujourd’hui ! Si je meurs on peut donc savoir pourquoi, rembourser mes créanciers, empocher l’assurance vie ou décès (je ne sais jamais), faire revenir mon corps et fermer la porte !

Sur Internet sont stockées toutes les informations que je crains de perdre en cours de route, et qui magiquement dorment quelque part dans un lieu virtuel et inatteignable, protégées de la vie et de tout ! La seule chose à ne pas perdre c’est donc moi. Je ne crois pas que l’hébergeur de toutes ces données accepterait de s’encombrer de ma personne ! Mais avec la rapidité du progrès, je devrais pouvoir bientôt sauvegarder au moins mon clone, ou le stocker dans un musée virtuel de la femme du 21ème siècle !

Le 11 avril je rencontre les pitchouns de l’école alsacienne. On commence par « la terre est ronde et on peut donc en faire le tour ». Puis : « il existe deux hémisphères et deux pôles, et à l’opposé de nous complètement de l’autre côté il y a aussi un ciel au dessus de nos têtes ! »

Demain matin je retourne (enfin ! après une aussi longue abstinence !) au vieux campeur. Au programme un vrai bonheur : des sandales de randonnées, une lampe frontale, une sangle de sac, des protections plastique pour toutes sortes d’objets hétéroclites, et une moustiquaire !

Je réécoute toute ma discothèque et l’enregistre sur un disque mp3 qui est un vrai bijou ! Je me sens comme une gamine au lendemain de Noel chaque fois que je m’achète un nouvel outil technologique. Finalement j’hésite dans le diagnostic : soit je progresse avec mon temps, soit je régresse au stade adolescent ! Comment savoir ?

Idem avec mon nouveau téléphone portable "quadribandes" (qui bande 4 fois ?), donc susceptible de marcher aux fins fonds de toutes les brousses, sous ou au dessus de la canopée, sur le chargeur allume cigare d’un brise glace ou d’un camion, quelle que soit la température, la latitude, la proximité d’une civilisation, grâce à un gentil satellite envoyé dans le ciel exprès pour moi et qui tourne sagement autour de la planète en attendant que je le sollicite ! Vous en connaissez beaucoup vous qui font ça pour vous ?

J’ai la pêche dans la tête, et dans le corps beaucoup de glucides, de lipides et de monoxyde de carbone. Pas réussi mon régime… Pas arrêté de fumer... Pourvu que je vive encore un an et 43 jours !

Le printemps bourgeonne sur la terrasse tandis que l’hiver austral va bientôt s’installer. Que vais-je perdre ou gagner ? Des étés ? Des hivers ? Je ne sais plus trop bien. Il faut étudier la question de plus près.
Je me surprends à parler anglais toute seule dans la salle de bains ! Je pense consacrer du temps en avril pour enrichir un peu mon vocabulaire.

J’ai enfin établi une magnifique liste des points fixes où l’on pourra me contacter. La liste est géniale. Même Pérec n’aurait pas osé l’imaginer ! Je vous l’épargne ici, mais vous n'échapperez pas à un envoi personnalisé et je conseille vivement à Bernard et à tous les fans de listes de la savourer comme elle le mérite !



le point de vue des experts! 
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Je me suis fendue de 34 euros pour adhérer à une association qui fait référence dans le monde des routards et des tourmondistes, comme Michelin dans celui de la gastronomie et Black et Decker dans celui du bricolage !

Cette inscription m’a permis de m’inscrire dans un forum de discussion, sorte de place publique virtuelle ceinte de ses principaux cafés, celui du commerce bien sûr, mais aussi celui de l’avenir et de la poste (qui ne sauraient se faire concurrence !).

J’ai donc demandé si des routards connaissaient le type d’expéditions que je vais entreprendre en Afrique. Stupeur ! Les 6 réponses que j’ai obtenues peuvent se résumer de la façon suivante :

- Ce sont des buveurs de bière. Pourquoi vont-ils si loin pour ça ?
- Ils « se la jouent » (sic), ce qui je crois veut dire en bon marseillais « ils s’en croient ! »
- Ils ne voient rien des pays qu’ils traversent parce qu’ils restent dans leur bulle, bulle de crasse sans doute !
- Ils roulent toute la journée dans un camion qui les transporte comme des moutons en cahotant affreusement !
- Le principe de co-gestion se heurte à la radinerie générale !
- Ils sont embrigadés dans un programme d’enfer qui ne leur laisse aucune liberté de voir le pays comme il le faudrait.
- Ils errent complètement abandonnés par leur responsable, un guide-chauffeur local épuisé par les kilomètres !
- Ils vivent dans une promiscuité qui sans avoir été qualifiée de honteuse n’en est pas moins insupportable !
- Etc…

Bon !

J’ai bien peur d’avoir encore une fois été attirée par une secte ! Ne demandez jamais aux experts de vous conseiller, vous risquez de ne plus rien oser et de devoir vous retirer du monde.

Le bric à brac de J-40!
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Pour la dernière fois au vieux campeur : j’avais gardé le meilleur pour la fin !

J’ai acheté dans le désordre :

- Une cuvette ronde et bleue en plastique, pliable et logeable dans un minuscule sac de nylon ajouré sur un des côtés, et munie de passants pour l’accrocher à la ceinture. Usage mixte vaisselle et toilette.

- Une timbale en alu pour prendre le soir de l’aspirine en poudre, car la dose prescrite aux vieux cardiaques dont je suis étant la même que celle des bébés, les labos ont du supprimer du marché tous les comprimés de ce dosage de peur qu’on ne s’étouffe en les avalant !

- Des Compeed de toutes dimensions permettant de réparer immédiatement les ampoules et de repartir comme si de rien n’était. Il en existe pour les orteils, pour le talon, et le cou de pied (ou coup de pied ?)

- Un sifflet de détresse à 0,80 euros doté de 4 tonalités pour apeurer les fauves qui oseraient s’approcher et faire approcher ceux qui me cherchent si je me perds.

- Une lampe frontale à 4 diodes, permettant 4 intensités d’éclairage ainsi qu’un fréquence intermittente certainement indispensable dans des occasions que je ne connais pas encore. Durée d’usage 120 heures.

- Une paire de sandales de randonnée en nubuck beige à semelles Vibram, la seule semelle qui permette de marcher longtemps sur tous les terrains sans se fatiguer les articulations. Mes pieds ressemblent à ceux de Jésus Christ !Enfin on dira ceux de sa gonzesse!

- 4 sacs de dimensions différentes en nylon comparable à celui des voiles spinnaker, parfaitement étanches pour ranger et protéger tout ce qui craint l’eau en saison des pluies.

- Deux boites d’allumettes dans des boites parfaitement étanches elles aussi, et résistantes aux vents les plus violents ainsi qu’à l’eau : oui ! on peut les immerger sans qu’elles s’éteignent. Particulièrement utiles pour fumer un clope sur la banquise en toute tranquillité malgré le blizzard et la neige.

- Une petite paire de jumelles grossissantes 8 fois, munies d’œilletons oculaires roulables pour pouvoir garder ses lunettes, et qui permettent de s’approcher d’un lion à une distance qui restera raisonnable !

- Deux sacs de plastique compressifs pour réduire le volume de la doudoune et de tout ce qui est susceptible de se compresser.A essayer avec tout ce ou ceux qui vous gonflent!


- Une boite à savon munie d’une cordelette pour la garder autour du cou pendant qu’on prend sa douche. Très utile pour ne pas poser le savon par terre et se retrouver avec un truc dégueulasse.

- Trois pochettes de dimension différentes en plastique dotées de fermeture éclair, et permettant de ranger toute sorte de fourbis y compris des papiers.

- Un mini dico anglais/français et inversement, comprenant 20000 mots à ingurgiter à partir de ce week-end, soit 20000 :40 jours = 500 mots par jour, dont ceux que je connais déjà, soit environ 60% : il en reste 200 par jour à assimiler, ce qui à raison de 1 mot toutes les 1 minute 30 (parcourir les entrées, lire la définition et la reporter dans une liste), demande 5 heures de travail par jour. Possible en s'accrochant bien, c’est la scrabbleuse qui vous le dit !

- Deux minuscules bouteilles de savon liquide concentré permettant de prendre 50 douches avec quelques centilitres du précieux liquide.

- Dans un même ordre d’idées, un liquide de toilette pour se laver sans eau, enlever les tâches de goudron, déodoriser et rafraîchir la peau à moindres frais.

- Et encore, toujours dans le même registre de l’hygiène parfaite sans eau ou détergent, 6 gants de toilettes jetables imprégnés de savon, à garder dans le sac à dos pour une petite trempette improvisée sur les chemin de randonnée.

- Une brosse à dents pliable à n’utiliser qu’avec de l’eau « micropurée ».

- Différents produits anti-moustiques : du gel répulsif pour la peau en lingettes et en tubes, un spray pour un usage équivalent, une lessive pour les vêtements répugnante pour les moustiques pendant 6 mois et jusqu’à 5 lavages, et si malgré tout une de ces cochonneries vous piquait tout de même un gel apaisant.

- Des mini épingles à linge pour accrocher aux cordes de la tente ma petite lessive du soir, ce qui à mon avis, compte tenu du caractère érotique et sophistiqué de ma lingerie, devrait également avoir un effet répulsif pour tout ce qui est susceptible de s'approcher!


- Une double pochette pour l’appareil photo numérique et le mp3, avec suffisamment de place pour les batteries de rechange et les cartes mémoire.

- Des lingettes en paquets de 10 pour le visage (hydratantes), les mains (désinfectantes), et les fesses (voir l’effet à l’usage dans la suite de ce journal!).

- Un cadenas à combinaison pour sécuriser les portes qui ferment mal, les fermetures éclair de la tente, le placard perso du truck, les différents sacs de voyage et surtout ma névrose d'angoisse.



Donc, un bonheur, un vrai, ces trois heures passées dans les 5 magasins du vieux campeur, malgré le hurlement des sirènes des convois de CRS qui allaient rejoindre la manif des bébés contre la loi Fillon. Une honte que ces monstres qui pourchassent nos petits enfants !


J-28 : dans 4 semaines je serai à la veille du départ 
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C’est vraiment le printemps et la maison est désormais vide. Les jouets des enfants sont dans des cartons en attendant de partir chez eux. Les murs sont blancs et ne portent plus de traces de mes affiches révolutionnaires chinoises. Dans les placards, trois ou quatre vêtements destinés au départ pendouillent au milieu de rien. J’aime ce vide. Je m’y sens bien.

Après de longues semaines d’inquiétude et de doutes j’ai enfin retrouvé l’excitation que j’éprouvais lorsque le projet a pris forme. L’hyper- activité a fait place à la léthargie et l’enthousiasme à la mélancolie. Cycle éternel de la variation d’humeur que je connais bien. J’ai de la chance je pars dans une bonne phase !

J’ai renoncé à toutes velléités de mise ou de remise en forme. Je me fais plaisir.

Le cardio m’a donné le feu vert, ce permis de vivre que je dois renouveler tous les ans après avoir couru sur son tapis ! Il m’a demandé d’écrire un petit journal pour soutenir le moral des cardiaques post-infarct de son centre de rééducation ! Je vais donc m’adresser à ces vieux messieurs (à 90% en tous cas !), ouverts en deux au milieu de la poitrine, pour leur montrer que dans quelques temps ils pourront eux aussi tout quitter et recommencer leur vie ! Seront-ils vraiment tentés par mes aventures routardes ? Il faudrait qu’en plus de cardiaques ils soient aussi fous que moi ! Pas sûr.

Je suis fière d’annoncer que le locataire de mon appart est l’ambassadeur de Belgique en personne ! Il va falloir astiquer sérieusement et j’ai du vérifier un certain nombre de détails. Changer par exemple l’unique nappe dont je dispose, constellée de vieilles taches de vin, remplacer mon futon maculé du pipi de Nina par un vrai matelas, cacher dans la cave le vase à l’effigie de Mao Tse Dong qui trône dans la cuisine, etc. Il va, malgré tous mes efforts, se sentir bien dépaysé le pauvre en attendant son hôtel particulier de l’avenue de Saxe ! Moi qui me suis toujours sentie si intéressée par les travailleurs immigrés, je peux enfin en héberger un en toute légalité, et il a droit à toute ma solidarité ! A condition qu’il ne transforme pas mon appart en squat comme ils ont si souvent l’habitude de le faire ! A suivre…

Mon sac est fait, ou presque. J’ai besoin de m’habituer à ce nouveau chez moi roulant, de savoir y trouver ce que je cherche, de vérifier qu’il ferme sans trop d’efforts, d’en mesurer l’espace. Je vais le défaire de toutes façons pour cause de traitement anti-moustiques de tous les vêtements. Juste un essai donc, pour intégrer le nomadisme dans mon quotidien.

Hier après midi sous un beau soleil printanier Marie Do et moi avons monté la tente dans le parc André Citroen pour l’essayer ! Ma nouvelle petite maison de nylon, 1,3kg , pour me sentir libre de me poser partout où je le sens, pour échapper aux ronfleurs britanniques qui cuvent leur bière, et surtout cuver la mienne en toute tranquillité !

Les jours défilent très vite maintenant, la liste des choses à faire s’amenuise et se réduit aux dernières formalités d’avant le départ : résiliation des abonnements, transfert du courrier, récupération des clefs, etc.

Après un an de cogitations j’y suis presque et mes rêves enfin commencent à se dérouler en pleine savane. Ils sont souvent peuplés d’enfants que l’on abandonne mais qui au final se débrouillent bien sans moi ! Nina m’a dit pour la première fois qu’elle ne voulait pas que je parte. Je l’ai assurée de mon retour et lui ai appris que un an ce n’est que 365 jours.







à deux semaines du départ
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Je sens la savane partout, et le bush doré, à chaque détour de rue, à chaque carrefour.
La Twingo est vendue et le harcèlement de la Centrale des Particuliers devrait enfin prendre fin cette semaine. "Bonjour, j'appelle en rapport avec l'annonce pour une voiture", "Vous êtes fumeuse ?", "Ah! il n'y a pas le toit ouvrant ?", etc, etc. Un véritable kaléidoscope de la société parisienne!
J'ai reçu le chèque de caution de l'appartement et ait pu commander mes devises : me voilà à la tête d'une petite montagne de dollars en coupures diverses, pour répondre à la diversité toute aussi impressionnante de mes modes de consommation.
Les pitchouns de l'école alsacienne ont fait connaissance avec mon projet, et ont rencontré la grand-mère "qui ne fait pas de confitures" comme dans les contes de fées. Je me réjouis de communiquer avec eux, et vais peut-être donner le goût du baroudage à ce petit monde doré, déjà prédestiné à fréquenter les grands hotels et à ignorer durant toute une vie les joies du camping!
J'ai "perdu" tout ce qui me reliait à la France : carte d'identité, permis national, cartes bancaires, carnet d'adresses, etc. Il ne me reste donc que ce dont j'ai besoin : passeport, permis international, etc. Magnifique démonstration de mon parfait degré de préparation au départ, et l'évènement ne m'a au final pas beaucoup affectée.
Linda et Simon m'ont prêté leur bel appartement tout blanc à partir du 28 avril : ce sera un sas entre mon chez moi et mon ailleurs.
L'ambassadeur arrive le 29 et avec lui
mon premier départ.
Je me réjouis de faire l'inventaire de la maison ; j'adore les inventaires!


demain 
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je pars demain après midi pour Londres en transit vers Nairobi. Je ne cesse d'éliminer des bagages pour m'alléger, mais c'est difficile.
Après une nuit d'avion l'Afrique enfin, et sûrement le bonheur d'être délivrée de tous ces préparatifs qui m'ont fait vivre virtuellement ce voyage pendant un an!
 
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